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Du 3 février
au 27 mai



> Du mercredi au dimanche
de 14h à 18h
(fermée les 01.04, 10.05
et 20.05)
> Visites guidées gratuites sur rendez-vous, tous les jours sauf lundi
> Entrée libre



Rendez-vous



vendredi 20 avril
à 20h
(rdv sur le parvis de l'église Saint-Georges à Sélestat)
> Sur-Expo : conférence de Marc Couturier
en partenariat avec la Ville de Sélestat dans le cadre du 20e anniversaire de la commande publique « La Lame »

samedi 28 avril
de 14h à 16h30

> Sortie « La nature en ville » à Sélestat avec la Maison de la Nature du Ried et de l’Alsace centrale, visite commentée de l’exposition

samedi 19 mai
de 19h à 1h

> Nuit des Musées

mercredi 23 mai
de 14h30 à 16h30

> Atelier enfants
(7-11 ans)

samedi 26 mai
> Parcours en bus à la découverte des expositions du Frac à Sélestat, au CIP d’Andlau, au Cloître des Récollets à Saverne et au CIP de Dehlingen

Rendez-vous gratuits,
(sauf parcours en bus
et soirée dégustation :
5€ / personne),
sur inscription
+ 33 (0)3 88 58 87 55
envoyer un mail à
servicedespublics@culture-alsace.org





Événements passés



vendredi 2 février
à 18h30

> Vernissage

mercredi 7 février
de 14h30 à 16h

> Rendez-vous
pour les enseignants

mercredi 14 février
de 14h30 à 16h30

> Atelier enfants (7-11 ans) avec Jean-Baptiste Defrance
En savoir +

samedi 17 février
de 10h à 18h

> Atelier adultes
avec Manuela Ferry
En savoir +

mercredi 14 mars
de 14h30 à 16h30

> Atelier enfants (7-11 ans)
En savoir +

samedi 17
et dimanche 18 mars

Week-end de l’art contemporain

> Atelier familles
avec Hélène Bléhaut :
samedi de 15h à 17h
En savoir +

> Visites de l’exposition :
samedi à 14h et 16h 
dimanche à 14h et 16h

> Visites des réserves d’œuvres du Frac :
dimanche à 14h30, 15h30, 16h30 et 17h30
(sur inscription, places limitées)

samedi 24 mars
de 10h à 18h

> Atelier adultes
avec Nathalie Savey
En savoir +

mardi 10 avril
de 18h à 20h

> Soirée dégustation de vin
en partenariat avec la Confrérie des Bienheureux du Frankstein de Dambach-la-Ville
En savoir +

samedi 14 avril
de 15h à 17h

> Atelier familles
sur le thème « Un après-midi tout en détail… »
En savoir +

mercredi 18 avril
de 14h30 à 16h30

> Atelier enfants (7-11 ans)
avec Camille Fischer
sur la technique du collage
En savoir +
 


« Phénomènes » au Frac Alsace


Français | Deutsch
 
 

Le bruissement du vent, un battement d’aile, des surfaces vibrantes, une carapace chatoyante, des rayons de lumière… force et fragilité de la nature. Comment les artistes réfléchissent-ils l’environnement naturel et ses phénomènes et de quels méthodes et matériaux se servent-ils pour donner forme à de nouvelles natures, dans l’art, au-delà des représentations et projections romantiques de la nature? Et comment l’observation de l’art peut-elle à son tour modifier notre propre regard sur l’environnement?

Balthasar BurkhardLe parcours de l’exposition

Certains artistes, comme Cy Twombly qui a pris la relève de l’expressionisme abstrait américain, font désormais partie des figures de l’histoire de l’art et ont inspiré les générations suivantes d’artistes. Associant des techniques de l’estampe et des collages, la série Natural History Part I - Mushrooms de Cy Twombly rassemble des illustrations botaniques, des tableaux, des photos, des étiquettes, des gammes de couleurs, du papier millimétré, ainsi que les dessins et l’écriture automatique caractéristiques de l’artiste. Des histoires mythologiques comme Léda et le cygne sont citées, de même que les formes de la nature adoptées par l’homme. Des objets phalliques rappellent des fusées et des champignons deviennent champignons atomiques. Les collages semblent mis en vrac, assemblés par hasard et sont pourtant composés avec soin. Un univers pseudo-scientifique s’ouvre, dans lequel des influences de la psychanalyse et du primitivisme deviennent visibles et l’histoire de la nature s’associe à l’histoire de la civilisation.

Photographies analogiques dans lesquelles la lumière, le temps et les processus chimiques construisent la matérialité, les œuvres de Balthasar Burkhard et de Pierre Savatier se meuvent entre micro- et macrocosme.

Devant l’œuvre Aile de Faucon de Balthasar Burkhard, on peut se demander quelle est au juste la dimension d’une aile de faucon. Ce travail allie la monumentalité et la fascination pour le détail et rend visible la fragilité et la perfection de la nature. Les ailes sont des petits miracles de la nature, des objets délicats qui défient les lois de la pesanteur et dans les plumes desquelles la fonctionnalité se concilie avec la beauté.

Un paysage monochrome avec des cratères apparaît dans le photogramme de Pierre Savatier qui rappelle, au premier abord, des clichés scientifiques de planètes et de lunes. Le titre Gouttes d‘eau brise l’illusion et dévoile le processus de création qui devient l’objet même de l’oeuvre. Les photogrammes naissent directement sur le papier photosensible, sans appareil photo. L’observation, l’expérimentation, le perfectionnement et le développement de cette technique caractérisent la création de l’artiste.

Dans l’œuvre Fourmi-lion de Richard Monnier, le processus de fabrication devient également le thème du travail. La forme de sable et de verre n’est pas conçue puis construite, mais découle du processus de création. La forme en cône, simple et fréquente dans la nature, fait penser aux volcans et évoque le feu et les énergies qui ont présidé à la naissance de l’œuvre.

Le travail de Marc Couturier ne se constitue que dans l’interaction entre espace et observateur. L’œuvre joue de l’harmonie des contraires : un matériau lourd et ancré au sol comme le bois, est recouvert d’une fine feuille d’or. Une apesanteur transcendante contraste avec masse et gravitation, la visibilité avec l’invisibilité, la volatilité avec la présence. Inspirés des traînées de nuages visibles seulement brièvement au soleil couchant, la vitesse d’exécution et le processus artistique ininterrompu sont primordiaux dans ce travail1.

Dans le tableau Tache solaire de Nathalie Talec on observe l’intérêt de l’artiste pour les sciences naturelles, les phénomènes météorologiques et la température. Talec, qui travaille avec les médiums les plus divers, de la performance à l’architecture, pose des taches de couleur, aux nuances rouges et jaunes sur la toile, à la fois abstraites et figuratives. Grâce aux publications scientifiques, ces images ont un air de déjà-vu. Ce sont des phénomènes que nous ne pouvons observer nous-mêmes que de très loin et qui restent énigmatiques malgré toutes les recherches à leur sujet.

La toile de Damien Cadio montre également un sujet que nous ne pouvons pas observer par nous-même. Dans sa précision, ce travail rappelle des clichés médicaux à haute résolution et brise finalement l’illusion. Ce que nous prenons de prime abord pour des artères, des vaisseaux et de la chair, devient couleur, lignes, surfaces en mouvement. Agrandi considérablement, isolé et seulement entouré d’une sorte d’auréole, le moteur qui nous maintient en vie, semble être une planète. De la même manière que chez Burkhard, la force et la fragilité de la vie se montrent ici, absolument sans romantisme, à la fois monumentales et détaillées.

La fascination pour la matière vivante, la corporalité et la richesse de détails se retrouve également dans le travail de Jan Fabre. Une accumulation verticale de scarabées chatoyants (morts), motif récurrent chez l’artiste, s’achève au sommet avec un sacrum humain. Pour Jan Fabre, les scarabées et insectes sont la mémoire de la terre, des espèces qui, petites et capables de s’adapter, vivaient ici longtemps avant l’Homme.2 La métamorphose est un thème essentiel chez Jan Fabre qui s’intéresse de manière interdisciplinaire, en tant qu’artiste plasticien, auteur de théâtre et metteur en scène, au colonialisme, au corps, au temps et à l’interaction entre la vie humaine et animale. L’œuvre permet des associations historico-culturelles très variées. Elle rappelle les tableaux des maîtres flamands de la fin du moyen-âge et leur fascination pour le détail, la fidélité dans la représentation des surfaces, des plantes et animaux, ainsi que les symboles de vanités dans la peinture baroque. La forme et le matériau, quant à eux, créent un lien entre les objets cultuels et les trophées, et le lien entre le coléoptère et l’humain est connu en littérature par la nouvelle La Métamorphose de Franz Kafka.

Carsten Nicolai adopte une approche interdisciplinaire. Il agit non seulement dans le domaine des arts plastiques, mais est également connu en tant que DJ sous le nom alva noto. Son œuvre Wellenwanne (bassin à vagues) montre son intérêt pour la simplicité et la complexité techniques, pour le son, l’image et l’espace. À partir de trois fréquences, naissent des vagues et des cercles, des structures et motifs éphémères, des images que nous connaissons de notre expérience dans notre environnement et dont la complexité est rendue visible parce qu’elles sont produites artificiellement grâce à des haut-parleurs placés sous le bassin.

L’observation et la perception sont des thèmes récurrents dans le travail d’Edith Dekyndt, par exemple par la forme d’un ballon flottant librement dans l’espace, Major Tom, ou dans la vidéo One Minute of Silence qui font aussi partie de la collection du Frac Alsace. Dans ses dessins, de délicates lignes s’associent à la résistance du papier Chiffon et rappellent des courbes de niveau, des cartes et paysages. Par le pli du papier, un relief se crée dans lequel l’espace du dessin se fond avec l’espace réel.

Le phénomène des Sailing Stones est le thème de la vidéo d’Adrien Missika. Le spectateur ne voit que les empreintes des lourds blocs de pierre, entend le grondement du vent et y associe un mouvement. Le phénomène réel, la mystérieuse « promenade » annuelle des pierres sur un lac asséché au parc national de la Death Valley (USA) n’est pas visible. Au-delà de documentations spectaculaires sur la nature, l’œuvre thématise la temporalité, les limites de l’observation et la relation entre savoir et croyance. Et elle nous invite à rechercher par nous-mêmes des interprétations scientifiques ou bien à réfléchir sur des questions de forces naturelles fictives, bibliques ou réelles.

Felizitas Diering
Directrice du Frac Alsace


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1 Voir : Marc Couturier dans l’interview avec Hervé Chandès. In : Frac Alsace (Ed.) : Marc Couturier [catalogue d’exposition]. Illkirch : le Verger éd. 1992
2 Voir : Deborah Hustic/Bodypixel (Ed./blog) : interview avec Jan Fabre : insects are the oldest computers. 2008. Consultable sur www.body-pixel.com/interview-with-jan-fabre-insects-are-the-oldest-computers
 



Mécène

L’exposition et son programme de rendez-vous avec le public bénéficient du mécénat de l’Office notarial QUIRIN, COUDERT, SCHREIBER & CALDEROLI-LOTZ.



Légendes et crédits

Balthasar Burkhard, Aile de faucon, 1988
Photographie, 171 x 114 cm
© Balthasar Burkhard Archive

 

Une exposition
d’œuvres de



Balthasar Burkhard

Damien Cadio

Marc Couturier

Edith Dekyndt

Jan Fabre

Adrien Missika

Richard Monnier

Carsten Nicolai*

Pierre Savatier

Nathalie Talec

Cy Twombly

issues des collections
du Frac Alsace et du
*Frac Champagne-Ardenne.


 
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